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Chant du rien

lundi 1er septembre 2008, par Orénok A. B.

(Il s’agit d’un texte écrit au fil des pages d’un bouquin de Christian Bobin, La part manquante, un texte vrai, lui.)

Chant du rien.

(début La part manquante)

Chant du rien
170608
1768.

Pas de certitude
Aucune certitude.
Ce serait le livre du non.
Il n’y aurait que des épithètes sans adjectif, que des adjectifs sans nom, sans lettre.
Que des lettres.
Pures.
Puisées dans l’esprit des lettres.
Il n’y aurait
pas de verbe.



Langage crypté
de dates en années –

en Anne née.



Si
Il n’y aurait que des si.
Parce que, les si, ne disent rien.
Chant du vide.



Ce que je cherche dans l’écriture



OAB
1768



Chant du rien.
Ce serait la poésie du si.



Ce serait si simple. Ecrire un livre qui n’existerait pas.
Qui ne dirait rien.
Moins Que moi
Ecrire un livre qui, ne me, parlerait pas.
Pas.



Fatigue
Une fatigue incommensurable traîne sur tes épaules.
Homme moite
Pieds gonflés
Pris dans un lit de chaleur
Lié au chant
De la vie.
Fatigue



Square.
Rue de la butte aux cailles
Canailles
Elle nous saoule avec sa fille de quatre ans.
Elle nous saoule avec ses mots répétés.
1768



(vers la Part manquante)

Avancée. Va et vient larmoyant.
Il traîne sans exister
Avance sans avancer.
Marche dans les pas des autres
N’invente pas sa trace
Ne grave pas son empreinte dans le sol.
N’avance pas.
Il est, les autres.
Il est, le vent.
Il est
Il est
Il est
D’air de rien
Air of nothing
More than me
Il n’est pas moi
Mais je le suis.



(près de la Baleine aux yeux verts)

Pause.
Dans la nuit
du sommeil.
Pause
Entre tous
les endormis
de ce monde.
Pause.
L’enfant.
Grandir, c’est mourir.



Je n’ai écrit que par Bobin
et tous les êtres qui m’ont croisé, dans la vie
n’auront écrit que par lui
Je n’ai écrit que par Bobin
A défaut d’avoir écrit par un autre.
Un être
Pour un être.
Un autre
Pour un autre
Je n’ai écrit que par Bobin, j’aurais pu écrire par tous.
Le soleil.



Chant au clair de lune.
Il serait un chant.
Il serait une lune.
Le tout serait Claire, de lune.



Petites choses
qui traînent.
Qui laissent leur pantalon étroit sur le pas de leur porte
Rêvant d’un éternel cloporte.
Le mort.
La mort.
Qui vous a surpris.
En ne parlant que de vie.
Et cela pour les morts que nous sommes, est bien dur à comprendre.
Il faut regarder ailleurs pour se voir soi, là.
Et ici.



(après la Fleur de l’air)

Mots perdus.
Le caractère en larme de Dieu, qui vous a appris la compassion, le tact, da compassion, le deuil, la tristesse, la souffrance, comme seules choses à aimer, à souffrir, supporter, dans ce monde.
Pas même un regard sur le rire,
Pas même un regard sur la joie,
Pas même un regard sur nos vies.
Tout n’est pourtant pas si difficile à comprendre. Le vent caresse mes cheveux. ma joue sent le vent dans mes cheveux. mes cheveux le vent. mes cheveux chatouillement.



(vers la Meurtrière)

Bible
A tenir
dans le creux, de ses mains.
Pigeons voyageurs square des églantiers.
Elle s’appelait, l’héroïne, Eglantine.
Pour la rose.
Et pour l’épine.



Ecrire quand il n’y a rien, à dire.



Ce serait un livre, qui ne serait fait que de ponctuation.
De souffles.
De blanc.
De silences.
Répétés, à l’occasion, entre deux mots.
Gagner, à ce silence, comme des pépites d’or, dans un livre.
Votre écriture, m’ensorcelle.
Ce serait un livre,
qui ne serait fait,
que de blanc,
de blanc,
de blanc.
Regarder les pages devant nous, esclaffer,
que des silences de blanc
La respiration est ce qu’il y a de plus important
dans un livre.
La respiration.
Respir-
ation.
Ce que je cherche dans un livre, c’est le blanc,
comme un livre.
Livré à soi-même,
soi-même,
dans un livre.



(du côté des Preuves (en miettes de l’existence de Dieu))

Regarder les gens passer et
et ne voir, que leur ombre.
Psychologie récréative des cours de récré du CP.
Regarder les gens passer
et ne voir, rien que leur grand âge.
Déjà.
Et je ne sais point regarder. que des points qui évoluent dans la nature des mots.
maux.
Et de leurs visages doux riants tristes fermés je ne vois que le teint blême de la société
qui est l’homme
qui est-il
il
il
qui est-il lui qui aspire à connaître son voisin de palier, à aimer, procréer, créationner, de toutes pièces sa famille, comme un château de sable en cartes, si frêle, si fragile, mais si belle, si magique ?
qui est-il
lui
l’être,
que je fréquente, le plus au monde ?
et lui l’être qui se pose et pose au monde tant de points, d’interrogation ?
Il n’est
que moi
que de moi,
de moi,
demoi,
emoi.



Inversion
Ce serait le oui pour le non
le si pour le vrai
la raison pour la déraison
la folie pour avoir écrit.
un miroir, à revers.
Le négatif de ma propre vie.

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