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Nuit en poésie (4/4)

mardi 10 janvier 2006, par Orénok A. B.


LE SOLEIL BRILLAIT D’UNE LUMIERE AVEUGLANTE

Le soleil brillait d’une lumière aveuglante. La terre était verte. Un printemps en moins et l’été revient. Les arbres défilent très vite devant mes yeux jusqu’à ne plus former qu’un train magique de nature éprouvante. Il y a aussi les maisons parfois, et les routes au loin. Les routes qu’on suit, qui dérivent, qui dévient. Les immeubles qui broient, broient du noir dans les bandes grises des péripéties de banlieue. Là où tout est plus calme malgré le tonitruant voyage et les tags écrits, les graffitis jetés sur les murs muselés de la cité. Il s’agit d’un long voyage où la campagne succède à la ville, où l’homme succède au néant, où la vie succède à la mort, où les vies s’abreuvent dans les fleuves et les lacs, ou les rocs des montagnes. Les forêts s’indignent de ne voir que du fer et les champs crient à la trahison des fers. Les maisons s’enfuient dans leur univers de verre glacé et les tours s’envolent dans les ciels fourvoyés et courbaturés. Il faut voir aussi les fils du long temps et de l’instantanéité d’une civilisation mal tournée. Ces entrelacements amoureux de petits fils de campagne, leurs intimes soubresauts en haut des poteaux. Les splendides allers directs de Londres à Paris et de Paris à Moscou des fils de haute tension où les oiseaux rigolent et qui volent au vent quand la tempête se lève. Il faut voir planer ces nuages gris sur les châteaux de campagnes oubliées, les fermes abandonnées où se trouve le pendu et où dort la veille. Les tristes ciels bleus si grands qu’on s’y noie, si profonds qu’ils nous blessent à coups d’épée mesurés. Je t’aime. Connais-tu ces parapets de couleur et de douleur ? Ces espaces fermés et ces espaces ouverts où tout concourt à la valse de l’amour ? Ces toits et ces planchers où j’imagine notre avenir ? Cette triste façon de penser que le chemin de fer va tout droit vers toi. Je t’aime. Comme une rame de métro, à ciel ouvert sur des kilomètres de bonheur. Les roues chauffent et le toit choit. Les usines toquent et les centrales choquent. Les parcs m’astoc et le mastic scelle tout, comme on scelle un cheval qui galope dans le vent. C’est l’histoire d’un pas si souvent d’amant. La rectitude des lignes. La courbure de mon corps. La fantaisie des jardins et les balcons gris. Les prés de laine et les champs de Verlaine, la forêt d’un Rimbaud, et le rideau d’un Rousseau. Les torrents d’autre-fois et les étendues d’eau noyées. Le bois d’hier, la locomotive s’accélère. Mon cœur bat plus vite, c’est le monde en huit. In vitro. Fécondation de l’amour et stérilité du discours. A venir. Avenant. Un petit ours blanc. Je t’aime. Les boulets de paille et les herbes hautes. Le vert et le jaune. Les forêts sauvages et le parc domanial. Les barbelés et les clôtures de bois, façon passée. Le ralentissement et les branches de bois seules par terre, accommodées aux défaillances des herbes. Un passage à niveau et le soubresaut d’un panneau. Un train peut en cacher un autre. Les vaches et les étables, les voitures de fonction et les utilitaires de maison. La biche et le jardin. Le tas de bois et l’arbuste. Le passage des tracteurs dans les champs et l’empreinte animale. La place bétonnée. Les conteneurs et les tours. Le silo à blé et les maïs des prés. Les ordures sur la voie et le papier des WC. Ces tas de sable et de minerai, les cheminées sans fumée. Les quais et les toits de tôle, le bâtiment directeur (du recteur). Le terrain de foot d’un village et le panneau publicitaire de Leclerc. Le pont qui surplombe la route. Les deux voies et le carrefour. Les petits jardins de sans-rien. Le grand trou de vert et la ville nouvelle. Le retard insatiable et la foule à la gare. Vers un prochain départ. Huit heures moins trois. Les flèches bleues de l’attente et le toit, les murs vitrés. Les marchandises de l’été et le repère C. Les deux voies et le quai unique. Troyes, transitoires historiques. ID d’un monde dépucelé où tout serait mêlé. La langueur du temps passé sans toi et l’extérieur jauni. La pourriture des ici et le regard des là-bas. C’est comme si on n’était jamais satisfait, qu’il y aurait toujours un mieux pourvu qu’on le trouve. LA MAISON EN TRIANGLE ET L’ANGLE D’AMOUR. Fermés les rideaux la scène se remplit. Un dernier au revoir à a vie miroir. Merci aux vitres salies et au malheur des trains. Je t’aime.

Ca fait longtemps que je n’avais pas pensé. Une éternité. Comme l’éther de merveille. Purification absolue. Et espace aristotélicien.

2001


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FILLE NUE

Fille nue le long de l’univers
Fille nue dans la vague lumière
Qui marche qui marche et qui erre
Fille nue les cheveux dans les airs
Fille nue fille nue le corps la chair
Fille nue l’amour la terre
Fille nue fille nue l’amour et l’hiver
Fille nue à réchauffer sur les revers les cols les montagnes
Fille nue blessée, sans voile, et qui s’avère

Printemps 2003


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OCTOBRE

Octobre Octobre Octobre
Le mois d’octobre
Sonne comme un mort
Au creux de ma main


Attendons doucement l’aube il est tard ce soir quand on sonne la nuit le jour de demain vient comme un démon défaire la chaîne ardente du sombre matin.


Scintillement scintillement scintillons comme une étincelle du matin, scintillons au chagrin

Printemps 2003


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CHAPITRER

Chapitre 1. Elle s’endort
Chapitre 2. Elle s’endort
Chapitre 3. Elle s’endort
Chapitre 4. Toujours dort
Chapitre 5. Toujours mort
Chapitre 6. Elle meurt
Chapitre 7. Dans le leurre.

Printemps 2003

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CONCEPTUALISER SA PENSEE

Conceptualiser sa pensée. Dépenser ses idées. Gangrener son esprit. Dépecer son envie. Sciences-po.

Printemps 2003

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VITE, IL AVANCE

Vite, il avance
Transperçant les tuyaux les couleurs les lumières le noir
Vite il avance
Toujours assis à même fréquence
Vite il avance
Dans le noir
Un miroir

Fin juin 2003

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LA PETITE

Danse danse danse la petite danse danse danse et tombe
d’inertie.
Danse danse danse la petite chante chante chante et meurs
d’énergie.
Danse danse danse la petite vite vite vite s’accroche
fort fort fort et s’embrase rase rase rase petite étoile
du ciel qui jouit dans la nuit si seule dans le jour
danse danse danse mange mange mange son temps.

Printemps 2003

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L’ACUITE DELLA LAGRIMALITA

L’acuité della lagrimalità sta perdendo la follia et voglia di
morire.
Rimarrà così persa nell’infinità del possibile non sapendo
se deve proseguire il canto o morire nel campo del silenzio senza braccia
a lei intorno.
D’intorni se ne vanno se ne vanno senza fallire, se ne vanno
o muiono nel silenzio.
Tutti nella stessa morte, tutti tutti senza dubbio,
tutti tutti nell’angoscia della fine del mondo.

Printemps 2003

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L’EXTENSIVITE DE L’INTENSIF

L’extensivité de l’intensif
La diffusivité de l’infus
La confusion du confus
La convulsion de la mort

L’estenvità dell’intensivo
La diffusività dell’infuso
La confusione del confuso
La convulsione della Morte

L’ostrogoth

Juin 2003

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Sous le pommier où pendent les pommes et où a été pendu le pendu
Il y a un petit arc, un petit arc tout en osier, avec des brins qui blessent la main, sous le pommier.
Il y a un panier, un petit panier tout en osier, avec une nappe à carrés, sous le pommier.
Il y a un damier à carreaux rouge et blanc, un petit damier à carreaux rouge et blanc, dans le panier, sous l’arc, sous le pommier.
Il y a un petit bout de cœur, un tout petit bout de cœur, dans cette nappe à carreaux rouge et blanc, sous le pommier.
Mais sous le pommier, il y a plein d’amour, dans les cerises du panier sur le damier de la nappe à carrés, il y a tout plein d’amour.
Sous le pommier une petite fille à nattes fifi brin d’acier assez stylée, se livre à une bataille sang sang sang.
Sous les cerises, une petite abeille beille beille.
Est morte.

Juillet 2003

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ZEBDA

Zebda s’en va si l’on en croit les dires dans la rue. Zebda s’en va en guerre, troubadour, Zebda s’en va, l’épée à la main, Zebda s’en retire. Rentre vers ce qui est lui, ce qui conforte son être à genoux, Zebda s’en va. La guerre où il grandira. Croisades contre les elfes des orques à orteils. Zebda s’en va. Le vent qui le caressera. Les rafales qui le feront s’accroupir sous les rochers du désert. Zebda s’en va. Maintenant ami, Zebda s’en retire. Zebda Zebda Zebda. La guerre à deux mains. Là où se confortent les désirs sombres et cruels des humains à genoux. Zebda s’en va. Là où les humains s’entrecroisent s’entremêlent s’entretuent. Zebda s’en va. Là où il sera ce que c’est que de tuer, meurtrir, damner. Sentir sa force. Nietzschéen paragraphe de Zebda le héros des surlendemains qui part en croisade dans les lointains déserts. Zebda s’en va. Faire la guerre contre ce qu’il n’est pas. Puisque telle est sa nature. Zebda s’en va. Le surhomme est en devenir. Zebda le tuera. Il le sera.

Juillet 2003


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NUIT EN POESIE

Nuit en poésie
Dans le noir
Un soir
Nuit en poésie
La douce lueur
Suave chaleur
Nuit en poésie
Et broies dans le noir
Les sombres armoires
Nuit en poésie
Où se crètent les douleurs
Les râles et les heurts
Nuit en poésie
Quand plus rien n’existe
Le néant vous prend
Vous broie les tympans
Quand plus rien n’existe
Que la douce et noire symphonie
D’une nuit sans noir et sans poésie

Juillet 2003

Documents joints

  • Nuit en poésie (PDF – 494.9 ko)

    Tout ce que j’ai écrit de po(é)sie dans cet intervalle là de temps, qui va de 1994 à 2003, avec même, un sommaire à la fin....

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