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Nuit en poésie (2/4)

dimanche 1er janvier 2006, par Orénok A. B.


UN MUR NOIR

Un mur noir que tu essaies de franchir,
Tu ne voies le plafond, il est sans fin.
Un mur noir, partie d’une dimension, à finir,
Tu restes immobile devant le mur sans fin.

Tu ne peux penser, il n’existe de passé,
Et l’avenir n’est pas encore.
Tu voudrais te mourir en un corps à corps,
Mais ne pourras jamais, le monde est figé.

Inerte, tu essaies de franchir le mur.
Impassible, tu rêves d’un corps à corps impossible.
Car le présent est figé et l’avenir sous sa texture.
Ainsi, toute métamorphose est inintelligible.

Tu résides lors dans une dimension paisible,
Etrangère au lecteur, étrangère au poète.
Rien n’est plus – non, rien n’est pas. Tout invisible.
Il manque une mesure, à l’extinction du mur, le temps malhonnête.

Entre Noël et le Jour de l’An 1998.

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MARGUERITE EMPRUNTEE

Une marguerite sur le sol rouge,
Qui s’assombrissait et qui s’éclairait,
Selon la musique, au rythme endiablé,
Une marguerite, sur le sol rouge.

Une ombre incidente, qui se dévoilait,
Et qui voyageait, sur le sol rouge,
Au rythme des pas, sur le sol rouge,
L’ombre des danseurs, qui s’émerveillait.

Et l’ombre alors s’avançait,
Puis elle reculait,
Sur le tapis rouge, soyeux et sanglant.

Et l’ombre la cachait,
L’ombre la dérobait,
Cette marguerite, aux pétales blancs.

Dans l’eurostar, Ashford-Paris, le 21/02/97

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LE “I”

J’aime les voyelles, qui chantent et qui rient,
Les couleurs en ronde, qui dansent et qui crient.
J’aime à ne pas sombrer, m’enfoncer dans l’oubli,
A resurgir promptement des entrailles de la vie.
J’aime à enjamber les ravins, à m’enfuir chez Mamie,
A tuer la vitesse en volant, à franchir le pis.
J’aime le “I”, l’habit argenté du rire qui rit,
Jaune et rouge, brillant, dentelé qui me dit
Entre sous le chapiteau, ne dis rien, mais ris,
Oublie tes ennuis, et redécouvre la vie.

Concours Enfance et Partage 1997

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A RIMBAUD

Soupir des nuits, pendant lesquelles mon cœur,
S’envole aux cieux malheureux,
Soupir des nuits, quand dans mes pleurs,
Je ressuscite mon âme de tes mots en feu.

Exaltation des sens dans la nature !
Elévation là-haut des vers !
Dans la nature, sur les mers,
Ta pensée se lit en ta parure.

Vent lointain qui souffle sans s’arrêter,
Brise des matins, de la nuit,
Clarté du soir qui m’ennuie,
Où les mots sifflent à mon oreille noyée...

Dans les eaux des océans enfantins,
Dans les airs des cieux,
Essor de l’âme, des froids lointains,
Et de la chaleur, de l’écriture d’un Dieu.

Janvier 1998, Bayen.

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LES VERTS CHANTS

Déjà le soleil se lève, les fleurs s’épanouissent...
Ô printemps vénitien qui sur nos chemins se réveille,
Grandeur de la Nature, renaissance du poète,
Lors qu’avec les feuilles qui grandissent, les fruits mûrissent.

Le printemps est arrivé, et tout chaud qu’il est,
Je me noie en sa chaleur, chaleur muette,
D’un sourire qui, entre deux cœurs, s’éveille,
Le printemps m’a encerclé, si puissant qu’il se fait.

Les fleurs, suivant le fil de l’eau, s’éclosent,
Et je n’observe par les champs aucune âme morose,
Les hautes herbes se débattent enfantines,
Et dehors, les enfants jouent innocents.

Le chant du coq réveille la faune endormie,
Et les senteurs des parfums goûtent à mon ouïe,
La Nature d’un Amour tambour, et comptines,
Unique, comme la couleur des verts chants.

Le 12/02/1998, Bayen.

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C’EST UN TAUREAU SANS CORNE

C’est un taureau sans corne
Dans le beau qui se borne,
A voir dans l’automne,
L’enfance monotone.

C’est un couloir sans fin,
De ces couloirs défunts,
Où le poète se perd,
Dans l’air de la Terre.

C’est une vision du démon,
Familière des balcons,
Une hallucination des midis,
Symbolique de la vie.

C’est un dé sans demain,
A jouer au matin,
Et à perdre son temps,
Il perdra son argent.

La société elle-même vient hurler
Dans mes mots la sombre beauté !
Mais elle a tort, elle a tort
C’est ici le triste remords
Des trop imparfaits
Et des peu satisfaits
Mais que dire à mourir
Pour écouter fleurir
Le pissenlit enchanteur
D’un vent de malheur

Bayen, le 23 mars 1998.

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POESIE

Empire satirique des nuits alcooliques,
Bordel de minuit, bazar de vies,
Foisonnement de la flamme, musique,
Dans le brouillard omniscient en furie.

Empire satirique des nuits alcooliques,
Au-dessus des étoiles, la flamme,
Foisonnement de la flamme, musique,
Qui danse atypique, ô mon âme !

Au sein de ton être, je me blottis,
Bordel de minuit, bazar de vies,
Je n’ai plus que l’air impalpable,

Pour refroidir mon front, incroyable,
Dans le brouillard omniscient en furie,
D’où naît en couleur, la noire poésie.

Bayen, lundi 23 mars 1998.

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L’AVION EN PAPIER

J’ai fait un avion en papier
Qui vole sans se soucier
Dans les couloirs sans fin
Des chapeaux des matins

J’ai fait un avion en papier
Et quand j’aurai un grand chapeau
Je m’envolerai dans les mots
Sans de rien me soucier

J’irai par les lunes et les étoiles, par les nuages roses
J’irai chanter une farandole, de couleurs écloses.

Le dimanche 27/09/1998, à Sommepy.

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C’EST UN LONG REVE

C’est un long rêve, un chemin d’herbe coupée,
Un pré sans années, une prairie ensoleillée,
C’est un bout de nature, une miette de sculpture,
Une lettre d’écriture, un vent de peinture,
Qui sur notre cœur s’est évanoui,
Emporté par le souffle de vie,
C’est le mort qui peu à peu meurt,
C’est le leurre, qui peu à peu dort.

Le 13/05/1998, dans ma chambre, à Bayen.

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LA MORT DU PRINTEMPS

Nous parlons toujours de l’agonie de l’automne
Oubliant à jamais la mort du printemps


Le soleil a tari la rivière où je baignais enfant,
La lumière a tari la nuit où je baignais avant,
L’encre a séché en nos stylos,
Et le jour vient à bout des mots.

Le printemps a blanchi ma feuille,
Le printemps a jauni le deuil,
Et l’été aujourd’hui fait mourir un peu plus d’étoiles,
Et l’été aujourd’hui demeure un peu plus étoile.

Fin juin, début juillet 1998.

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LA NUIT

Le vent s’est tû, le vent s’est enfui,
La parole a gravi l’escalier de la nuit,
Et sur cet amas architectural de fer et de suie,
Elle regarde en bas la noirceur des nuits.
Elle se penche un peu trop sur la rampe fragile,
Tente de s’accrocher aux lumières futiles,
Dans le vertige tourbillonnant, elle devient le temps,
Le temps qui tombe comme une masse perdue,
Dans l’éclat d’étoiles, sur les toits perdus,
Attendant pour toujours la main d’un enfant.

Fin juin, début juillet 1998.

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UN POINT DANS LE NOIR

C’est un point dans le noir,
Une lumière qui voile la nuit,
C’est un point dans le soir,
Un doux moment d’ennui.

Et sans cesse un regard dans les cieux,
Et sans cesse un regard dans les yeux,
Et l’idée que demain sera le soleil,
L’envie de ne penser qu’à la veille.

Et toujours, une étoile dans le ciel,
Et jamais, un bol de miel,
Quand le matin doucement vous éclaire,
Quand la nuit doucement dégénère,

Et des jours d’attente, le crayon à la main,
Noyé dans la peur d’oublier le matin,
Et des jours de veille, plongée dans les cieux,
Des jours sans doute qui n’ont pas de fin,

Et l’homme attend dans son calvaire infini,
Attendant le moment, de monter dans les cieux,
Doucement dans le lit, entouré de rêveries,
Les étoiles dans les mains, tendrement il sourit.

Fin juin, début juillet 1998.

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DANS LE BROUILLARD

Dans le brouillard sanglant de la nuit,
Dans le brouillard astral,
Dans le brouillard matinal,
Dans le brouillard de l’ennui,

L’homme se perd sans repère,
Il se mord sans remords,
Il espère sans sa mère,
Et dort comme un mort.

Fin juin, début juillet 1998.

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MANQUE A L’OREILLE

Une tombe, qui lève sa tête au ciel,
Que regardes-tu ?
Qu’aperçois-tu ?
Une gerbe de soleil ?

Le soleil tue silencieusement,
Il assassine doucement,
D’un couteau dans le cœur,
Il tarit tous les pleurs.

Et dans ce jardin verdoyant,
Toujours des Morts sanglants,
Des crânes cramoisis,
Squelettes dépéris.

Et l’humeur choque,
A petits coups de marteau,
Et l’humeur toque,
A la porte des mots.

Août 1998.


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DENSITE CONTINUE

1. Diagnostic

Du regard
Du retard
Dunes
Et dunes,
Et monts
Et monts,
Eté.
Flore océane
Faune tropicale.
Fourmis.
Sable brûlant
Herbes mortes.

Soleil qui tue
Folie qui pue.
Que je vous aime !

2. Tactique

Ce n’est pas le fou qui pense,
Ce n’est pas le fou, qui danse,
Le fou s’arme et avance.
Ce n’est pas le pion qui pue,
Ce n’est pas le pion, qui tue,
Le pion s’arme et avance.
Ce n’est pas le cavalier qui voit,
Ce n’est pas le cavalier, qui broie,
Le cavalier s’arme et avance.
Ce n’est pas la tour qui pense,
Ce n’est pas la tour, qui danse,
C’est le roi qui meurt
Et la reine a peur.

Le fou mort joue au croque-mort.

3. A se retrouver

Dit au ciel
Etoiles du soleil
Dit à la mer
Ce monde de misère
Dit au Mal
Que les fleurs soient

Au Portugal et en août 1998.

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DANS LA NUIT GLACEE ET L’AURORE GELEE

Dans la nuit glacée et l’aurore gelée,
Au matin de l’ivresse
Mon regard se voile

Dans le lac salé et la terre volée
Au midi des prouesses
Mon regard se voile

Transparence absolue des soirées perdues
Nostalgie d’avant, amour d’antan
Sur le chemin de la croix
Sur le chemin une voix

Mes oreilles brouillées
Mes lèvres gercées
Et un goût acide
Mes sens homicide

Au Portugal, le 07/08/1998.

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INCENDIE

Dans les décombres de la nuit,
Je me faufile sans bruit.
Sans bruit.

Et soudain surgissent des paroles,
De rien, ou… de tout, des paroles.
Sans bruit.

Dans la noirceur de l’ennui,
Je me fonds dans la nuit.
Sans mot.

La semaine dernière, dernier dimanche de septembre 1998

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PAS DE TITRE

J’avance, tremblante, dans cet univers,
Sans apostrophe, sans point, sans virgule, sans repère,
Je me fonds dans un silence gris, larmoyant,
Je meurs à nouveau, sciemment, soleil d’antan.

Les murs d’eau, d’épines et de lierre m’épient,
Si fiers, si honteux, si grands, si hargneux,
Que je ne puis vivre aujourd’hui sans vide feu,
Dans le vid(e) je me meurs, dans le feu je m’oublie.

A chaque pas résonnant, attente étoilée,
Et je sais sans pensée la seule vérité,
Qui pût être dite, sans autre qu’elle-même,

Dans l’été des misères, comme un éphémère,
Dans le livre des I, des A et des M,
Je me noie, je me noie, un reflet de verre.


Vers métallisés disloqués rapportés
Où l’amertume de la nuit se juche sur un I
H à tout moment
Eternité de l’instant

Le I comme le sang
A Rimbaud

Sommepy, dans ce même taudis fantastique, le lundi 28 décembre 1998.

Documents joints

  • Nuit en poésie (PDF – 494.9 ko)

    Tout ce que j’ai écrit de po(é)sie dans cet intervalle là de temps, qui va de 1994 à 2003, avec même, un sommaire à la fin....

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