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Nuit en poésie (1/4)

dimanche 1er janvier 2006, par Orénok A. B.

De 94 à 2003, j’ai beaucoup écrit. Il y a de tout là dedans, des poèmes gamins, des écrits plus vieux, plus loin. Il y a de la rime, il y a de vers, et il y a des mots sans rime et sans vers. Il y a du noir, et il y a du blanc. Du beau, du laid. De l’amitié, de l’amour. De la haine beaucoup surtout. De la rage et de la légèreté. Des saisons. Du temps. Beaucoup de temps passé à écrire. Il y a beaucoup de pluie et beaucoup de soleil. Beaucoup de personnel et beaucoup d’invention. Beaucoup de vrai et beaucoup de faux, de l’imaginaire et des mots. Mais Nuit en poésie, aussi, ça se lit avec une fausse liaison, nuit temps poésie, nuit en poésie... Ici, quelques extraits, en plusieurs posts, par ordre chronologique.


UNE POUSSIERE DE L’UNIVERS

L’homme cherche, cherche, mais il ne trouve pas,
Qu’est-il donc dans ce monde sans lois ?
Une poussière de l’univers,
Ou alors le microbe du système solaire ?
Il est pressé d’innover,
D’inventer,
Qu’est-il donc advenu de la bougie
Qui illuminait nos joies, nos envies ?
De ces paysans,
Qui se nourrissaient de leurs champs ?
C’est l’énorme pollueur,
De cette vie sans heurts
Il est devenu celui qui détruit,
Qui détruit tant de vies,
C’est l’ennemi des sociétés,
Pour qui “créer” n’est pas l’objectif premier,
Il se prétend trôner sur la Terre,
N’est que monarchiste de verre,
Il se croit tout pouvoir trouver,
Ne sait pas chercher,
Il pense savoir aimer,
Mais reste incapable de respecter,
C’est le termite qu’attrapent les animaux,
Le créateur d’une parole sans mots,
Quelle sera la prochaine population ?
Qui habitera nos villes, nos maisons ?
Car dans bientôt ce peuple ne sera que souvenir
De cette planète, ayant bien des désirs.
L’homme est le moustique, qui amène sur lui des critiques,
C’est l’être mythique, devenu diabolique.

Le 25/05/94


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SIFFLET

Le maître a sifflé,
Le chien s’est approché,
Le chef a sifflé,
Le train s’en est allé,
Et si je souffle dans mon sifflet,
Que va t’il se passer,
Que va t’il m’arriver ?
Pour savoir, je n’ai qu’à siffler,
“Sssss”, ça, c’est envoyé !
Mais ce policier là-bas,
N’a pas l’air d’apprécier,
Que je l’aide, dans son métier,
Il s’approche de moi,
Me prend mon sifflet,
Et me dit “confisqué”,
L’expérience m’a montré,
Que j’étais aussi douée,
Que le maître du chien,
Que le chef du train,
Mais que pour siffler,
Il fallait être diplômé,
Amis des grandes cités,
Jouons du sifflet,
Mort aux siffleurs diplômés,
Mort aux privilégiés !

De date imprécise

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CONJUGAISON

Quand deux êtres qui s’aiment,
Entendent la même musique et se tiennent par la main,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Un matin fantastique, mangent le même pain,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Leurs cœurs noyés dans le même chagrin,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Rêvent d’un même lendemain,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Séparés par le temps, s’écrivent de longues lettres,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Se déclarent d’une voix muette,
Quand deux êtres qui s’aiment,
D’une passion ravageuse ou d’une rage passionnée,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Se communiquent d’un regard leur amour, leur amitié,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Savent s’aimer, se respecter,
Quand deux êtres qui s’aiment,
Sèment la vie, c’est qu’ils savent conjuguer le verbe aimer.

Sommepy-Tahure, le 7 décembre 1995

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AUTOPORTRAIT

Barbouillé de chocolat, un visage tout rond qui dansait,
Des yeux bleus, profonds, qui se dévoilaient,
Et qui dans la brume s’estompaient,
Un visage de clown funeste.

Deux, trois mèches enragées qui se détachaient,
Pour trouver l’unique place sur un front colorié,
Les cheveux qui vibraient, dénoués qui volaient,
Mais non, attachés, remontés des cheveux d’été.

Et des lèvres roses qui s’épanouissaient,
Des lèvres pales qui m’encerclaient,
Un sourire enivrant qui se dévoilait,
Secret, secret, des brumes incestes.

Un dessin de sourcil, fonçant le marron foncé,
Une âme démunie contre le vent qui volait,
Fendaient solitaires les temps malmenant
D’une époque d’enfant.

Bayen, en salle de permanence, début février 1998.
(devant la fenêtre miroir)


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MISERICORDE

Lorsque le soleil,
– Ce soleil de miséricorde –
Danse, accompagné de sonores merveilles,
Lorsque cette lune rouge se met à mordre,
Effrayant de minimes personnes,
Quand le coq à l’aube chante des louanges,
Qu’il vénère la vie sur un bout de carbone,
Appelant dans les cieux quelques soi-disant anges,
Le mort de la veille,
N’implore plus résurrection,
Il demande à vivre de merveilles,
Dépossédé de toute affection.

Le 20/07/95

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ETRANGE CULTE DIFFERENCIEL

Au soleil de minuit,
Quand la neige est partie,
Le culte étrange évaporé,
Et les sourires esquissés envolés,
Au diable qui l’a emporté
Sous sa cape noire,
Ô, quelle étrange histoire,
Je m’en vais vous rapporter !
Il fut un jour et une nuit,
Dans les temps froids du nouvel an,
Où des flocons sont tombés imminents,
Du ciel et de Dieu affaiblis.
C’est une légende qui me vient du Sahara,
Du Sahel, de Géorgie et de l’Alaska ;
Quand la terre fut blanche,
Froide d’avalanches,
Un homme sur la mer,
Dans la glace immobile, fut pris,
Il appela ses frères
Durant toute la journée
Et le reste de sa vie.
A cause du silence qui régnait,
Il cria sans qu’on l’entende,
Jusqu’à la mort de son peuple,
Puis le lendemain,
S’éteignant au matin,
Les glaces l’emportèrent,
Mais quand elles dégelèrent,
Son corps échoua
Trop près du Sahara :
La chaleur invincible du soleil,
C’est un siècle après qu’il se réveille,
Maudissant ainsi,
La neige noircie.

Le 21/01/96

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QU’EST-CE DONC ?

C’est un océan noir sans fond
Qui s’endort sous le noyer ancestral,
C’est une rivière de souvenirs mielleux,
Un océan dédaigné par les amoureux.
C’est une rose impartiale,
Une tulipe blanche, salie sur la tombe,

D’un haveur espérant,
Qui crut en l’avenir,
C’est juste un océan
Sans importance et sans désir.

C’est juste une histoire d’amour,
Une histoire de fous,
Enterrée dans mon cœur,
Depuis ton malheur.

Le 05/02/96

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COURAGEUX

L’aube est si loin, le crépuscule tout près.
La forêt grandit, s’élargit, et la brume descend.
Le chemin s’affine, mes yeux fatiguent.
Pourtant le cheval ne raccourcit son allure.
Il galope toujours aussi vite, il saute toujours aussi bien.
J’ai le sentiment qu’il connaît le chemin.
Qu’il le connaît si bien, que dans le noir, ses yeux voient.
Il est si différent.
Moi, j’ai peur dans les ténèbres.

Eté 96

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ELLE, SUJET

De flips en flips, dessinant le néant,
Sur la glace gelée, sur le sol noyé,
Dans un silence corrompu, déguisé,
Lentement, disait ses rêves d’antan.

Dans les airs envolée, zéphyr levé,
Sur la piste sourde, mouvements élancés,
De cercles en cercles espérait découvrir,
Dans la foule envoûtée, une main à tenir.

L’oubli d’une voix, l’oubli d’une chaleur,
L’envie de verser des milliers de pleurs,
S’évadait les yeux évadés.

Dessinant sa vie, disant ses espoirs,
S’envolant par l’esprit, cherchant son espoir,
Poids trop lourd à porter sur le miroir gelé.

De date imprécise.

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CIEL DE PLOMB

Un ciel de plomb, sa couleur noire et sanglante,
Un homme se levait, au visage inconnu,
Une femme le suivait, le regard perdu,
Une idole gondole, ivre et délirante.

Des souvenirs dansaient, devant l’enfer brun,
Devant l’aube divine, riaient des regrets.
Et puis, sombre passage dans la forêt,
Les marches montaient vers un nouveau matin.

Au dernier étage de l’escalier sans fin,
Et devant l’autel, tribunal des immortels,
Des bribes reliquats de souvenirs charnels...

Seule notre histoire, qui fait front à sa fin,
Et un frisson dans le dos, une larme dans l’œil,
Et le regard du défunt, à sa veuve en deuil.

En décembre 96

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JOURNEE SANS SOIREE

Ô lente naissance, ô douce enfance d’avant-hier,
Doux cocktail passionnel d’un été éphémère,
A l’automne, qui point n’a surgi dans ta vie,
Laissant d’autant plus brutal, l’hiver amaigri.

A même vitesse que le vent d’un ouragan,
S’est écoulé sanguinaire le temps malmenant,
Printemps vénitien, juillet, août enfantin,
T’acquittaient ainsi d’un automne trop commun.

Si seulement le destin n’avait point joué
Dans ce dépouillement de feuilles oublié,
Peut-être aurions-nous prédit, su... Enfin, qu’importe.

J’oblitérais de regarder ton blanc visage,
De décrypter dans ta course un message,
Dans les célestes nuages, ton âme cloporte.

A Toi, JC. Le 06/04/97.
Le 11/04/97, Sommepy-Tahure.

Documents joints

  • Nuit en poésie (PDF – 494.9 ko)

    Tout ce que j’ai écrit de po(é)sie dans cet intervalle là de temps, qui va de 1994 à 2003, avec même, un sommaire à la fin....

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