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Quand j’aurai 300 ans

mardi 10 février 2009, par Orénok A. B.

Les âges de la vie. Autre atelier d’écriture. Entre l’enfance heureuse et la mort malheureuse, un grand âge en forme de rond, de cercle. Un dandinement, de là à là, un balancier, d’ici à ici. Un sans-cesse recommencement vers plus d’amour. Avec tout autant de maladresses, de douleurs, d’imperfections. De perfections.


Quand j’aurai 300 ans


Quand j’aurai 300 ans
Que le temps sera passé sur moi comme un ouragan de trois mois

Quand j’aurai 300 ans
Que j’aurai vu tourner la terre 3 milliards de soleil, et puis 3 p’tits ronds, ronds, ronds, petit patapon

Quand j’aurai 300 ans
Qu’autant de vies auront passé, passé, et puis tourné
Qu’autant d’idées auront germé, germé et puis fané

Quand j’aurai 300 ans
Que de grands aérobus remplaceront les Peugeot et Renault
Et que de nouvelles rimes auront chassé Artaud

Quand j’aurai 300 ans
Que l’on me haïra d’être si vieille et si ossue
Et que l’on m’aimera d’avoir tant et tant vu

Quand j’aurai 300 ans
De grands yeux bleus et quelques cheveux blancs
A repenser à mes 30 ans

Quand j’aurai 300 ans
Que j’aurai entendu mille et une sottise et mille et une amours
Que j’aurai écouté, du fond de mon divan, 3 mille 33 tours

Quand j’aurai 300 ans
Qu’enfin les pays seront morts, les frontières abattues
Et le monde autrement et plus d’pauvres à la rue

Quand j’aurai 300 ans
Que les gens s’aimeront et quand ils se battront
Pour de nouvelles lois et quelques bouts d’chiffon

Quand j’aurai 300 ans
Que chantera le monde et que Dieu à la pluie à la pelle
Sirotera tranquillement 3 gouttes d’eau de vie et muscat éternel

Quand j’aurai 300 ans
Que j’aurai voyagé, vu le passé et le futur
Qu’enfin j’aurai atteint ce qu’on appelle l’âge mûr

Quand j’aurai 300 ans
Que je jouerai aux billes et taillerai ma mine
Que je goûterai dans un grand bol de lait confiture et tartines

Quand j’aurai 300 ans
Que je rêverai d’Eden et de sécheresse
Que sur mon corps seront passées la boue et la vieillesse

Quand j’aurai 300 ans
Que mes os seront terre et ma chair poussière
Que je continuerai d’chanter près de ma mère

Quand j’aurai 300 ans
Que tant et tant de vies auront marché, marché dans le cimetière
Juré et puis craché et puis pleuré et puis aimé la terre entière

Quand j’aurai 300 ans
Qu’enfin gouttera sur mon corps une pluie de jeunesse
Qu’enfin je me noierai dans l’eau d’une dernière messe

Quand j’aurai 300 ans
Que le temps sera passé sur moi comme un ouragan de trois mois

Quand j’aurai 300 ans
Que j’aurai vu tourner la terre 3 milliards de soleil, et puis 3 p’tits ronds, ronds, ronds, petit patapon

Quand j’aurai 300 ans
Que sera-t-il changé ?


(Orénok A.B.)
(Atelier d’écriture du 5/02/2009)

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