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Le café coule

dimanche 18 novembre 2012, par Orénok A. B.

Le café coule

On mange tout de suite, le café coule, le pain n’est pain encore rassis, et on se love dans un canapé pour rêver un peu : à l’Italie, au vieux comté acheté sur le marché, à l’amour, à la poésie, au ciel bleu, aux gens qui sont tous comme nous comme nous sommes tous comme eux, à la pluie, au courage, aux mecs qui se lèvent à 5h du mat pour bosser, à ceux qui font les 3 huit, à la petite caissière du coin qu’a pas assez à bouffer dans son frigo, et au type d’avant-hier, méchant comme tout, gonflé et un peu c... qui doit être d’une tristesse à mourir pour être aussi méchant. Et on pense à eux tous comme à une grande famille, la famille des hommes, parce qu’on se met à leur place. Et à force de se mettre à leur place, on a trouvé la-nôtre.

Ici, doucement lové dans un vieux canapé, à boire un café froid, fumer une cigarette vide de sens, manger une tartine beurre salé-confiture de fraise, au milieu de photographies d’un temps jadis, dans l’entre-temps d’un dimanche après-midi rémois. Ma place, elle est là. Dieu, il est là. Je mange, maintenant. Je veille, tout de suite, à ne garder en moi jamais trop de dédain, d’avidité ou de colère : juste un peu pour les jours de mauvais temps quand je veux ronchonner et que je suis de mauvaise foi, mais pas assez pour m’en aller. Je suis déjà partie. Même ici, je suis ailleurs. Il suffit de voir à quel point le soleil peut éclairer le jour à travers les nuages, et nous transmettre assez d’amour pour les siècles à venir.

On mange tout de suite, le café coule, le pain n’est pain encore rassis, et on se love dans un canapé pour rêver un peu : à l’Italie, au vieux comté acheté sur le marché, à l’amour, à la poésie, au ciel bleu, aux gens qui sont tous comme nous comme nous sommes tous comme eux, à la pluie, au courage, aux mecs qui se lèvent à 5h du mat pour bosser, à ceux qui font les 3 huit, à la petite caissière du coin qu’a pas assez à bouffer dans son frigo, et au type d’avant-hier, méchant comme tout, gonflé et un peu c... qui doit être d’une tristesse à mourir pour être aussi méchant. Et on pense à eux tous comme à une grande famille, la famille des hommes, parce qu’on se met à leur place. Et à force de se mettre à leur place, on a trouvé la-nôtre.

Ici, doucement lové sur une banquette rouge, à boire un demi-pêche et refaire le monde, quelques heures durant, dans un décor qui évoque le Green Mill et les longues avenues de Chicago, et Al Capone même, et Marc Smith, why not. Ta place, elle est là. Dieu, il est là. Tu manges, tout de suite. Tu veilles, maintenant, à toujours rester sur le droit chemin, celui que tu t’es fixé. Tu rêves, d’hier, de demain, de prendre le micro, d’essayer, so what, pourquoi pas. Même ici, tu seras ailleurs. So what, pourquoi pas. Il suffit de voir à quel point le soleil peut percer dans l’orage, et nous transmettre assez d’amour pour les siècles à venir.

On mange tout de suite, le café coule, le pain n’est pain encore rassis, et on se love dans un canapé pour rêver un peu : à l’Italie, au vieux comté acheté sur le marché, à l’amour, à la poésie, au ciel bleu, aux gens qui sont tous comme nous comme nous sommes tous comme eux, à la pluie, au courage, aux mecs qui se lèvent à 5h du mat pour bosser, à ceux qui font les 3 huit, à la petite caissière du coin qu’a pas assez à bouffer dans son frigo, et au type d’avant-hier, méchant comme tout, gonflé et un peu c... qui doit être d’une tristesse à mourir pour être aussi méchant. Et on pense à eux tous comme à une grande famille, la famille des hommes, parce qu’on se met à leur place. Et à force de se mettre à leur place, on a trouvé la-nôtre.

Ici, doucement assis dans une cabane de berger, à la table d’un vieux café, à boire un viandox qui évoque la fin de la guerre, et tous les chemins qu’on aurait pu prendre, et tous les mondes qui nous sont parallèles, et tous ceux qu’on aura vécus, et ceux qu’on n’imaginera jamais. Leur place, elle est là. Dieu, il est là. Ils mangent, tout de suite. Ils veillent, maintenant, tout le soir, et toute la nuit, jusqu’à se lever à 5h du mat. Pour poser une brique, puis une deuxième, puis une troisième, puis encore, et encore, et encore, jusqu’à la fin du jour. C’est dans la nuit qu’ils voient enfin ce qu’ils ont construit : un grand pan d’amour pour les siècles à venir.

Merci
Orénok A.B. - Novembre 2012

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