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Mes 3 minutes de slam

Dernier ajout : 12 septembre 2015.


Un jour viendra, où tout le monde saura ce qu’est le slam. Ce n’est pas même rien, c’est moins que cela. Ce sont des mots qui volent, qui n’en côtoient d’autres que le temps d’une soirée, qui s’effacent aussitôt prononcés. Des mots qu’on ne dirait parfois pas ailleurs. Des mots qui n’ont pas toujours vocation à s’écrire. Des mots qui se disent. Qui se partagent. Qui se transmettent, volent en éclat et transpercent le silence aveuglant de cette société.

  • 12 septembre 2015, par Orénok A. B.

    Eloge funèbre du jeu-vidéo sur Sega Master System II (Ou comment ne pas jouer à ni oui ni non) Petite, j’aimais pas jouer à ni oui ni non. Non pas que je perdais toujours, mais si. Les si comptent-ils ? Et s’ils ne comptaient pas. J’aimais pas les oui, pas les non, que les si. Par esprit de contradiction. J’étais une contradiction. Pas les si, pas les non que les oui, j’aurais bien aimé que tu dises oui. Ou non. Juste oui, ou juste non, pour juste savoir quand est-ce que le jeu serait terminé. Game (...)

  • 6 septembre 2014, par Orénok A. B.

    Lettre à Appolinaire Tahure, 1914 Depuis le ciel et les obus ployant sur les têtes Je danse à travers les nuages J’enrage j’enrage et puis je pense Je file vers d’autres hémisphères J’enfile des poèmes à l’envers Je suis comme une lumière éteinte Un feu d’artifice sans teinte Je suis comme une étoile perdue Un arc dans un ciel qu’a trop bu Je bois au calice de la vie J’écris envers et poésie Mais c’la n’est rien encore Pas plus que dire, pas plus qu’la mort Je suis amoureuse d’un (...)

  • 30 avril 2013, par Orénok A. B.

    A pile ou face Petite, j’aimais jouer à pile ou face : pile tu perds, face je gagne. J’aimais les faces en tout genre. Les faces des vieilles personnes graciles et fastes. Les faces des petits chiots miséreux qui trainaient dans la rue. Les faces des vieilles maisons avec leurs éclats d’obus. Les faces des serpents de mer, les faces des arbres qui s’élançaient dans le vent, pile poil entre moi et la face du soleil. J’aimais les faces, comme on aime les farces et les surfaces lisses et la simplicité. (...)

  • 10 janvier 2013, par Orénok A. B.

    Le mariage blanc J’ai entrepris un mariage blanc Un mariage entre moi et l’Christ J’ai entrepris à mes seize ans D’être de joie dans ce monde triste J’avais pourtant mille prétendants Qui chaque année à ma fenêtre Une belle branche de lilas blanc Accrochaient avec une lettre Y’avait le fils de l’épicier Et son copain le charpentier Y’avait même pas que des idiots Mais moi j’en avais qu’pour l’crédo J’avais pourtant une dot en or Qui m’assurait un mariage gai Un fiancé pas trop mauvais Et les (...)

  • 18 novembre 2012, par Orénok A. B.

    Le café coule On mange tout de suite, le café coule, le pain n’est pain encore rassis, et on se love dans un canapé pour rêver un peu : à l’Italie, au vieux comté acheté sur le marché, à l’amour, à la poésie, au ciel bleu, aux gens qui sont tous comme nous comme nous sommes tous comme eux, à la pluie, au courage, aux mecs qui se lèvent à 5h du mat pour bosser, à ceux qui font les 3 huit, à la petite caissière du coin qu’a pas assez à bouffer dans son frigo, et au type d’avant-hier, méchant comme tout, gonflé (...)

  • 30 octobre 2012, par Orénok A. B.

    C’est y pas C’est y pas qu’t’as traversé des déserts de joie, toi ? Qu’t’as mangé l’monde comme on croque un quignon d’pain ? Qu’t’as foulé la banquise et erré des forêts de fièvre ? C’est y pas qu’t’as traversé la Terre de haut en bas, et de droite à gauche, toi ? Qu’t’as été jusqu’au cap Nord et jusqu’à l’équateur ? C’est y pas qu’t’as vu l’amour, la peur ? Des immensités blanches, et des montagnes, Et des landes de chaleur, et trois soleils à la fois ? C’est y pas qu’t’as été plus qu’un homme, et moins qu’une (...)

  • 24 juin 2012, par Orénok A. B.

    Les poètes de feu On ne les verra plus slamer au coin des rues Ni dormir près de l’âtre attirés par le feu Ni chanter idolâtre leurs ébats malchanceux On ne les verra plus trimer pour repasser En rêveurs insipides leurs egos et leurs pieds Et bouffer leur liquide à leurs bières arrimés On ne les verra plus sillonner nos contrées Se liguer contre tous et pour un se livrer Amarrés à leurs rêves défendre leurs idées On ne les verra plus slamer au coin des rues Et sentir sous le vent la tendresse de (...)

  • 15 mai 2012, par Orénok A. B.

    Ici et là Ici, on dit blaguer pour dire parler C’est un pays qui sent l’humus et le soleil Ici, on dit bèou pour dire beau C’est un pays qui sent l’mélèze et m’émerveille Ici, c’est un pays de grand silence Où qu’on transhume chaque été Un pays qu’apprend la patience Depuis des siècles aux moutonniers Ici, c’est un pays gonflé d’odeurs Et de senteurs planétaires A midi pile ça sent la fleur Sous les aisselles des lavandières Ici, c’est une église à ciel ouvert Sur des hectares de pages au vent Au (...)

  • 1er septembre 2011, par Orénok A. B.

    Comment te dire que je n’t’aime pas Comment te dire que je n’t’aime pas Et te l’écrire que j’ne t’aime plus Quand y’a que toi qui m’émerveille Et que ton ombre sur mon sommeil Comment te dire que je te hais Et te l’écrire, que j’te déteste Quand y’a qu’ton nom sur mon missel Et qu’ton visage qui m’ensorcelle Comment te dire qu’tu n’es qu’un ciel Et que j’voudrais qu’tu sois la terre Comment t’écrire qu’tu n’es qu’un fiel Et que j’aimerais qu’tu sois un vers Comment te dire que tu n’es rien Rien (...)

  • 15 février 2011, par Orénok A. B.

    Un texte comme Mazette, une chansonnette, et surtout, un hommage à l’Ouest français où j’ai émigré quelques mois entre 2010 et 2011... Pour le slam. Pour la vie. Pour être. Et écrire. Les corbeaux de maïs Quand les corbeaux de maïs S’envoleront par les bois Par tous les rêves d’Ulysse J’reprendrai mon crayon d’bois J’ai traversé mon pays Pour un sol trois fa d’rythmique Pour me tisser un habit D’or de lustre de musique Mais jamais elles n’ont brillé Les étoiles des bois sacrés Et comme (...)

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