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Echanger une rencontre contre de la musique...

mardi 11 février 2014, par Orénok A. B.

Echanger une rencontre contre de la musique qui « imbibe ma carcasse » ? La musique s’achèterait-elle ? L’homme s’achèterait-il ? Tout a un prix en ce bas monde : jusqu’aux tympans qui me cisaillent le coeur. Dès la fois, la société me fait gerber, y’ pas d’autres mots pour le dire. Dès fois, je voudrais briser les belles et lisses fenêtres invisibles qui m’enserrent. Mais elles sont en plexy et je suis de papier. Quelle chance ai-je à moins de brandir une hache ? Aucune. Que celle de continuer à marcher dans ce long couloir de la mort qui mène vers un désert plus mort encore. Mais au-delà, peut-être le soleil brillera-t-il ? Au-delà, derrière la feuille, derrière l’ombre, derrière la cupidité, derrière la stupidité, derrière l’amour du pouvoir et l’abus de confiance, peut-être y aura-t-il ce vain soleil... ? Je sais qu’il est là, tout près, mais parfois, mes yeux se closent de fatigue et mes paupières s’empourprent de peur. Le monde est là, partout, et incessant. Et le soleil tapi derrière ces nuages. Dès fois, je n’attends plus rien que de re-goûter à nouveau le silence, me taire pour toujours et ne plus rien entendre des voix humaines, pour juste boire pour toujours ce soleil, loin des hommes, loin de tout homme, face cachée, feuille retournée, papier en l’air, perdue au ventre de la terre. Je suis bien plus animale qu’homme. Bien plus terrienne qu’humaine. Bien plus sable que goudron. Bien plus rien que tout. Je suis bien mieux, parfois, sans tout cela, sans les voix d’hommes qui grondent dans la ville, sans les voix des voitures qui hurlent dans la ville, sans les voix des collègues, sans les voix des amis, sans aucune voix. Et je voudrais le hurler. Ce monde me brûle. Ce monde me consume. Il est impossible à supporter. Comment y vivre ? Comment y vivre, sinon en regardant toujours tout droit devant soi et en se relevant une nouvelle fois avec cette force à moi-même (quella mia forza) impossible à dire, impossible à décrire, qui me vient de rien et de tout en même temps, cette force de la génuflexion qui fait que quoi que le monde m’impose, je continuerai toujours, coûte que coûte, à avancer : contre le vent qui dessèche ma peau, contre le soleil qui me brûle et contre les voix qui m’assourdissent. Le monde est un assommoir. Il n’y a de porte de sortie que celle que l’on se construit soit-même, que l’on se dessine, et que l’on s’imagine. Dessine-moi cette porte, et je te suivrai de planète en planète. Juste pour une rose.
FB, 11 février 2013

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